Jean-Patrick DASPET - Le Blog

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mercredi 15 mai 2013

Obtenir ...

18 mois plus tard, en avril 2013, les efforts présentés dans l'article de presse du précédant billet ont porté leurs fruits.

Trois étudiantes ayant bénéficiées du dispositif de soutien mis en place ont réussi au concours donnant accès aux études de Sage-femmes.

Deux d'entre elles sont mélanésiennes. Ils n'y en avais plus eu depuis 2007 ...

La troisième, également calédonienne, est la preuve que ce dispositif, destiné à réduire les inégalités sociales et culturelles, n'est ni sectaire, ni communautaire.

Ce résultat est l'aboutissement de la persévérance et de la détermination ...

jeudi 1 décembre 2011

Agir ...

Article NC - Décembre 2011

samedi 14 mai 2011

Les Clans de l'Ours et du Lézard ...

Le Clan de l'Ours.

Un matin, tandis que les premières lueurs de l'aube franchissait tout juste la ligne de crête, un grondement sourd retentis depuis le haut de la vallée.

Un fois encore, le Grand Ancêtre saluait à sa façon la venue de l'un de ses fils.

Un peu en contre-bas, sur un léger promontoire, surplombant la vallée, seule, la jeune femme tenait la petite chose dans ses deux mains. La nuit avait été longue, douloureuse. Elle déposât délicatement ce qui n'était pas encore tout à fait un petit être sur la natte qu'elle avait tressée et préparée, depuis plusieurs jours déjà.

La veille de son départ pour le promontoire, Celle Qui Masse, s'était assurée de la bonne position du fœtus. Elle lui avait dit que l'Ancêtre Fondateur du Clan de l'Ours serait bientôt à nouveau là. Trois hivers, trois long hivers, il avait fallut attendre pour que le Vieux revienne. Mais l'heure était enfin venue.

La natte, tout juste tressée avait été suspendue au-dessus de la marmite, posée sur le feu. Il s'agissait du feu sacrée, celui que jamais on n'éteint. L’Oncle lui avait remis les herbes et la braise sacrée. La marmite, c'était la Vielle Qui Masse qui la lui avait donnée. Quant à l'eau, elle venait de la source sacrée du Clan. La source était secrète, tabou. Nul n'avait le droit d'y étancher sa soif. Seul Père, Mère et l'Oncle savait où elle se trouvait, cascadant à deux bras au-dessus du promontoire, sortant d'une fissure dans la roche de la falaise. Dans l'eau bouillante, elle avait saupoudré les herbes, préparant ainsi le médicament qui protègerait le futur enfant des esprits malins rodant alentour.    

Huit jours plus tôt, Père, Mère et l'Oncle l'avaient accompagné jusqu'en bordure de la falaise. Il avait fallut monter, marcher longtemps. Dans son état ça avait été parfois difficile. À plusieurs reprise elle avait entendu des grognements. Le Grand Ancêtre n'était pas loin. Il veillait. À la fois rassurée mais un peu inquiète quand même, elle avait progressé sur le sentier.

À la fin du deuxième jour de marche ils étaient arrivés face au pic de bois, fiché en terre, sculpté et orné de plumes. Normalement il était interdit à tout membre du Clan, et même à tout être, quelque soit son clan de franchir celle limite sacrée. Seule Mère en avait le droit, et même le devoir. Une fois seulement elle pouvait la franchir. Parfois deux, et très rarement plus, quand les esprits et le Grand Ancêtre particulièrement courroucés punissaient le Clan, lui reprenant ses Fils Ainés, aussitôt donnés. 

En franchissant ce seuil, elle était devenu Mère, elle même. Et celle qu'elle avait jusque-là respectée du titre de Mère devenait désormais Grand-Mère. Père devenait Grand-Père et son époux à elle, Fils Ainé, devenait Père.

Elle avait encore marché deux bonnes heures. Lourdement chargée, de la marmite, des herbes magiques de l'Oncle, des herbes à tresser pour la natte, et de quoi manger un peu, aussi. Pour boire, elle aurait le droit de puiser à la source sacrée.

Arrivée sur le promontoire, elle avait déroulé sa propre natte, s'était allongée, et épuisée, s'était profondément endormie. Cependant son sommeil avait été entrecoupé de songes bien étranges. Elle ne les comprenait pas vraiment. Il lui faudrait aller voir le Vieux Devin, un fois de retour au Clan. Du moins si les esprits du Grand Ancêtre lui en accordait le privilège. Nombreuses avaient été avant elle, celles qui ne furent Mère que quelques jours seulement.

Au matin du premier jour, elle s'était mise à l'ouvrage, confectionnant la natte du Fils Ainé à venir. Au second jour elle prépara le médicament pour apprêter la natte.

Puis elle s'agenouilla et attendit. Longuement. Un peu inquiète de ce qui allait suivre. La Vielle Qui Masse lui avait tout expliqué, les gestes, le souffle, tout. Mais désormais elle était seule. Seule face à ce qu'elle allait vivre.

Sept jours il lui avait fallu attendre. Puis au soir du septième jours elle avait senti les premières contractions de son ventre. Régulièrement, tout au long de la nuit, les contractions étaient revenues. Distantes d'abord, lui laissant un peu de répit, puis peu à peu de plus en plus proches. Au plus haut de la Lune, un peu avant que le noir du ciel ne s'estompe et que les étoiles commencent à pâlir, un liquide s'était écoulé d'elle, entre ses jambes.

Entre deux douleurs, elle avait vu poindre les premières lueurs du jours. Son cœur était mêlé tout à la fois de peur, d'angoisse, de souffrance, mais aussi d'une sorte de joie, de plénitude. La lumière, belle, était rassurante.

Puis elle sentit les ultimes poussées. Exécutant instinctivement les gestes moult fois répétés à elle par la Vielle Qui Masse. Toujours accroupis, jambes écartées, elle porta ses mains entre ses cuisses et recueillit la petite chose qui en sortait. Elle pris bien soin qu'à aucun moment, cette petite choses n'entre en contact avec le sol, en particulier sa tête. Alors elle déposât délicatement ce futur petit être sur la natte qu'elle avait tressée et préparée, depuis les premiers jours de son arrivée sur le promontoire.Elle pris dans son étuis deux herbes, l'une coupante et sectionna le lien qui reliait encore le petite chose à son ventre. Avec l'autre elle noua l'extrémité du lien encore relié à la petite chose afin d'en tarir le reste de flux. 

Enroulant partiellement le futur petit être dans la natte, elle le porta à son sein, toujours accroupie, mais cette fois le dos appuyé contre la paroi rocheuse, pour se reposer un peu. Ce n'était pas encore fini. Elle le savait. Avant de remonter en haut de la falaise puis de redescendre au Clan, il y a avait encore des choses à expulser de son corps. Des choses qu'elle devrait soigneusement enterrer.

Au milieu de la deuxième moitié du jour, elle put enfin reprendre le sentier pour regagner le sommet de la falaise. De l'autre côté du pic fiché en terre, elle vit une autre marmite posée également sur un feu. Son frère, Fils Ainé du Clan de l'Aigle était là. Ayant extrait de la marmite les feuilles qu'il y avait fait bouillir, il était en train de les broyer dans un mortier de pierre, à l'aide d'un pilon également de pierre.     

Comme tout les membres des clans de la vallée, il avait entendu au levé du jour le grondement de salut résonner entre les pentes de la montagne. Il s'était aussitôt mis à ses préparatifs.

Apercevant sa sœur, dans un expression mêlant tout à la fois sourire et solennité, il fit un pas dans sa direction puis s’immobilisa. Son regard était droit, emprunt d'émotion, mais aussi lourd de la responsabilité lui incombant.

Elle, non moins fière, le regard droit et haut, fixant celui de son frère, s'avança vers lui, bras semis tendus, lui présentant le future enfant.

Délicatement, il le pris, le déposa au sol, écartant les pans de la natte. Toujours délicatement, il enduisit son corps du broyât qu'il avait préparé. Se penchant jusqu'au visage du presque nourrisson, il lui susurra une série de parole, puis souffla toujours très délicatement sur le visage de l'enfant naissant enfin au monde, lui transmettant le souffle de la vie. Au même instant un très puissant grognement gronda dans toute la vallée. Celle-ci, et le Grand Ancêtre, L'Ours, venait d'accueillir le nouveau Fils Ainé du Clan.

La sœur et le frère après avoir tout rangé et empaqueté entamèrent le chemin du retour vers le Clan. C'est le frère qui portait l'enfant. Celui-ci ne le remettait à sa sœur que lors des poses, toutes les deux ou trois heures, pour qu'elle le porte à son sein.

Ils durent s’arrêter en chemin, le temps de la nuit. Là encore c'est l'oncle qui garda constamment l'enfant tout prêt de son torse, ne s'en séparant que pour le faire nourrir par sa sœur.

Il fallu encore une moitié de journée puis la moitié d'un demi-jour pour arriver au village du Clan. Ils se dirigèrent vers la grande maison du Père du Clan. Les murs étaient de pierres. Le toit était couvert de botes d'herbes, tressées serrées.

Ceux qui était encore Père et Mère, dix jours plus tôt sortir les premiers, cote à cote. les membres du clan, tout ceux du village, grands et petits, vieux et enfants, étaient répartis de part et d'autre de la porte, devant la grande maison. Ils s'écartèrent l'un de l'autre. Ouvrant un passage. Alors sorti celui qui était Fils Ainé il y a peu. Sur son visage d'une grande solennité, ses yeux étaient illuminés de joie. De tout son être irradiait force, puissance et bonheur.

L'Oncle s'avança, seul, pourtant l'enfant dans ses mains, les bras semis fléchis. Il présenta l'enfant en prononçant ses mots « Père du Clan de l'Ours, voici le Fils Ainé de ton Clan. C'est avec fierté et honneur que le Clan de l'Aigle vous fait don de cette vie, à toi et ton Clan.  ». 

En réponse le Père dit à l'Oncle « Le Clan de l'Ours vous est désormais redevable de cette vie », puis prenant l'enfant dans ses bras et baissant son visage vers celui-ci il dit « Bon retour parmi les tiens Grand-Père du Clan de l'Ours ».

S'avançant vers son épouse, il lui tendit alors l'enfant « Nous te confions Le Fils Ainé du Clan de l'Ours qui est maintenant ton fils et le mien ».

Enfin, seulement, le nourrisson devint vraiment son enfant. Libre de l'aimer, désormais elle était ...

Les Clans du Lézard.

Il y a plusieurs semaines maintenant qu'avait retenti dans la vallée le roulement du grondement de l'Ours, le grand ancêtre du Clan.

Elle était redescendu de la montagne, en compagnie de son frère. Et la petite chose qui avait grandi dans son ventre était maintenant son fils. Bien sûr il était celui du Clan. Le descendant directe du Grand Ancêtre, et même le grand Ancêtre lui même, au même titre que son époux, le père de son fils. Mais au fond de son cœur, il était quand même surtout son fils, à elle.

Tout au long de sa descente, sur le sentier pierreux, contournant les grands arbres, longeant parfois le torrent, alors que c'était son frère à elle, l'oncle de son enfant qui le portait, son esprit n'avait put se détacher du souvenir des songes étranges qui avaient habité ses nuits de sommeil agité, là-haut, sur le promontoire sacré du Clan, là où veille l'Ours.

Le rêve est bien sûr pour tous un moment fort de la vie. Celui où l'on est en contact directe avec les esprits. Mais là, ce ne pouvait être que le Grand Ancêtre lui-même qui c'était adressé à elle. Et pourtant elle ne comprenait pas. 

Ce matin, comme tous les matins ils venaient de finir les restes du repas de la veille. Des lamelles de viandes séchées et fumées, cuites dans une sorte de bouillon avec diverses racines. De quoi tenir la journée, le ventre apaisé. On était en été, elle trouverait bien dans la journée quelques baies à grappiller, ici où là, dans quelques buissons. Les abords du village n'en manquait pas. Elle aimait bien ces petits fruits, un peu sucrés et en même temps un peu acidulés. En fait elle était plutôt gourmande.

Elle avait repris ses taches coutumières, mais l'été, le jour était long. Il lui accordait donc du temps pour laisser vagabonder son esprit. Elle enveloppa son enfant dans une pièce de tissu qu'elle noua sur son épaule à elle, faisant le tour de son torse en passant sous l'un de ses bras. Son fils était ainsi maintenu fermement contre son sein, prêt à se nourrir, s'il en éprouvait le besoin.

Sortant de la Grande Maison, elle traversa d'abord le grand terre-plein central, là où se réunissait le Clan au grand complet lors des décisions importante. Ce terre-plein qu'elle-même et son frère, l'Oncle, avaient solennellement traversé, les membres du Clan répartis de part et d'autre, lorsque quelques semaines plus tôt ils avaient présenté l'enfant.  

La maison du Vieux Devin était un peu à l'écart. Pas éloignée des autres maisons du village, mais un peu à l'écart quand même. Il s'y passait des choses étranges. Les gens n'aimaient guère y rester trop longtemps et trop prêt. Oh, ils n'hésitaient pas à venir le voir, le consulter, mais bon, quand même, une certaine prudence s'imposait. Avec les esprits on ne savait jamais trop. Normalement ils sont bons et bienveillants, puisqu'ils sont nos parents, où les parents de nos parents. Mais parfois les vieux se montrent irascibles, peu patients. Alors une fois retournés dans le monde des esprits, on ne sait pas trop ce qui peut leur traverser la tête. Mieux vaut donc être prudent. 

Arrivée au seuil de la porte, elle s'arrêta, puis se mis en position accroupie. Elle déroula la natte qu'elle avait tressée quelque jours auparavant et la déposa, bien à plat, sur le seuil, entre les deux montants sculptés de part et d'autre de l'entrée de la maison. Sur la natte, elle posa ensuite des racines qu'elle était aller ramassées ce matin dans un coin qu'elle connaissait. Ces racines, blanches avec le haut rosé n'étaient guère plus grosses qu'un petit doigt, mais elles avaient un gout subtil légèrement piquant. Par-dessus elle déposa des lamelles de viande séchée et fumée. Puis enfin, elle déposa, enveloppé dans un carré de tissu qu'elle avait aussi elle-même fabriqué en prévision de cette visite, une petite pierre, d'un beau jaune un peu brillant, rare, comme on en trouve parfois dans le sable de la rivière.

Ayant ainsi respecté l'usage de son Clan, elle appela, doucement, le Vieux Devin. Celui-ci s'approcha et se mis également en position accroupie, face à elle. Avec délicatesse, il ramassa la natte, enveloppant avec tout ce qu'elle avait déposé. Se redressant, le vieux visage rude et plissé souriant, il fit un pas en arrière, toujours face à elle. Elle sut de la sorte qu'il avait accepté son geste et qu'il l'invitait à entrer. Pas un mots n'avait encore été prononcé. Il se retourna pour pénétrer plus avant dans la maison. Toujours en silence, elle le suivit. Autour d'un foyer ou brulait quelques petits morceaux de bois mort, étaient disposées plusieurs nattes, plus grossières que celle qu'elle avait fabriquée pour sa visite, mais aussi plus épaisses et plus robustes, destinées à un usage domestique répété. Il s'assit sur l'une d'elle et d'un geste de la main l'invita à faire de même sur une autre, en face de lui.

Il déposa alors devant elle une petite natte au tressage délicat, un peu comme celle qu'elle-même avait tressé pour sa visite. Dessus, il déposa une poignée de baies, fraiches, cueillies du matin. Alors seulement il prononça ses premières paroles. Montrant les baies, un sourire en coin, il lui dit « Soit remerciée de ton présent, et en retour accepte ces quelques baies ». Délicatement elle replia soigneusement la natte, dans une forme de petite boite, prenant soin de ne pas écraser les baies. Puis sur une natte plus usager, plus épaisse, il déposa deux récipients creusés dans un bois dur, venant de terres lointaines, dans lesquels il versa de l'eau bouillante contenant diverses herbes odorantes.

« Je t'écoute ma fille. »

Le regard perçant, mais le visage empreint de bienveillance, la regardant droit dans les yeux, les échanges rituels accomplis, il venait ainsi de l'inviter à exprimer l'objet de sa visite.

« Là-haut, sur le Promontoire Sacré, l'Ours m'a adressé un bien étrange message.

Mon fils, le Fils du Clan, marchait sur un chemin, droit, dans une grande plaine, loin de nos montagnes que l'on apercevait tout juste, au loin.

Puis une grande ombre obscurcissait le ciel et un aigle géant attrapait mon fils, enserrant dans ses serres  ses épaules, sans que pour autant aucune gouttes de sang n'apparaissent.

L'aigle géant commençait alors à monter haut dans le ciel.

Puis je me mis à voir par les yeux de mon fils.

C'était étrange. la grande rivière de la plaine est devenu un simple filet d'eau, nos montagnes sont devenues des petits tas de terre et de rochers. Et puis j'ai vu d'autres tas de terre et de rochers, d'autres filets d'eau. Certains se rejoignaient comme les ruisseaux de la foret qui rejoignent le torrent de notre vallée.

Plus loin, sur la droite, on apercevait un grand lac dont on ne voyait pas le bout. Et puis une autre chose aussi était étrange, chez nous le bout de la Grande Plaine, au pied de nos montagnes est plat. Là, tout autour de mon fils, le bout du grand lac sur la gauche, le bout de la terre devant et à droite étaient de forme arrondie.

Le grand aigle a volé pendant très longtemps, pendant plus de la moitié d'un jour. Par les yeux de mon fils j'ai vu plusieurs fois des tas de terres et rocher. Nous avons franchi de nombreux filets d'eau. À un moment, sur la gauche, le bout de la terre, toujours arrondi est devenu blanc. Ensuite c'est un grand lac de nouveau que j'ai vu, toujours sur la gauche. Et puis nous avons survoler quelques petites iles. sur certaines il y avait des petits tas de terre et de rochers mais avec du feu au sommet de certains tas.

Alors l'aigle géant a commencé à descendre. Les iles étaient grandes et les tas de terres et de rochers étaient des montages, mais des montagnes magiques, crachant du feu tout en haut.

L'aigle a déposé mon fils au bort du grand lac, puis a commencer à chasser pour se nourrir.

Le bout du lac était redevenu normal, il était plat, comme la grande plaine d'ici, au pied de notre montagne.

Je voyais toujours à travers les yeux de mon fils.

Mon fils était au bord d'une rivière, pas très loin du bord du grand lac. Le soleil se levait depuis le grand lac. Il était installé un peu en hauteur. Après un moment, la terre de l'ile est entré dans une grande colère. Elle s'est mise à remuer très fort, bousculant les arbres et les animaux. Et puis le grand lac a commencé à se vider avant de se remplir de nouveau, et puis la rivière s'est mise à couler dans l'autre sens en direction des montagnes, et l'eau s'est mise à monter, à monter.

Alors,voyant ce pays très inhospitalier, le grand aigle s'est saisi à nouveau de mon fils, par ses épaules, entre ses serres. Et il est remonté très haut dans le ciel. Il est reparti en direction du grand lac, laissant derrière lui ces terres inhospitalières.

Le grand aigle a volé pendant longtemps. À un moment on ne voyait plus de terres, que l'eau du grand lac, tout autour.

Et puis, après un peu moins de la moitié d'un jours, on a vu une sorte de lézard qui nageait dans le grand lac. Alors l'aigle géant a commencé à descendre. Il s'est posé sur le dos du grand lézard. Il a lâché mon fils puis il est reparti ...  »

Il est 7h15, en ce début du mois de mai. 22h de voyage dont 2h d'escale à Tokyo. Survol du nord de la Sibérie, puis du Pacifique.  Au pied de la passerelle, en descendant de l'avion je subis stoïquement le choc thermique. L'air est déjà chaud, légèrement humide.

C'était il y a presque un an, jour pour jour. Je suis là pour essayer d'apporter un peu d'aide à mes cousins, des cousins du Clan de l'Ours, ceux des Clans du Lézard. Les routes de nos ancêtres ont divergé il y a plusieurs milliers d'années, certain bifurquant vers la droite, d'autre vers la gauche ...


vendredi 20 octobre 2006

Soignez un patient Béninois victime du SIDA !

medium_DSC00293.JPG Bonjour à tous,

Le SIDA est un des principaux fléaux des temps modernes, en particulier en Afrique.

Le Bénin est 188ème sur 224 en PIB par habitant.

Notre association, APTAA, petite ONG humanitaire, assure actuellement, sur place, la prise en charge du coût financier du suivi clinique et biologique de 600 patients béninois touchés par le VIH (virus du SIDA). Ce nombre augmente tous les mois.

La prise en charge d’un patient coûte 100 € par ans.

En adhérant et en faisant un don de 100 € à notre association, grâce à la déduction fiscale de 75 %, vous soignerez un patient béninois pendant un an pour un coût de 25 €.

Etant tous bénévoles, n’ayant pas de frais de structure, et des coûts de fonctionnement extrêmement faibles, le taux d’affectations des dons aux soins des patients béninois est supérieur à 99%.

Pour adhérer et faire un don, connectez vous sur APTAA.

En vous remerciant.

(Je m'adresse naturellement à mes amis et aux gens de passage qui ont la chance de pouvoir payer des impôts)

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dimanche 15 octobre 2006

Un passage par le Bénin

medium_DSC00267.JPG C'est mon premier voyage au Bénin, et même, mon premier voyage en Afrique subsaharienne.

J’y suis allé pour une mission de travail dans le cadre d’une petite association, dans les milieux concernés on parle de petite ONG. J’ai rejoint cette association, APTAA, à la fin du printemps dernier. Elle a pour but d’aider les pays africains dans les soins prodigués aux patients touchés par le VIH (le virus du SIDA). En fait, l’action de cette association est limité au Bénin, au sud du bénin, sur la capitale Porto-Novo et ses environs.

Cette association qui existe depuis bientôt cinq ans a dans un premier temps financé des traitements par ARV (Anti Rétro Viraux, les médicaments qui inhibent la prolifération du VIH dans l’organisme humain, mais sans guérir la maladie, elle est seulement stoppée) pour quelques dizaines de patients. Ce financement s’est fait grâce aux cotisations des membres de l’association et par des dons de particuliers.

Cette action a été une réussite, car elle s’appuie sur le travail sur place d’un couple de médecins entièrement dévoués à leurs patients. Lui, est béninois, Elle, est française. Ils ont développé, avec l’aide d’APTAA, une clinique, la Clinique Louis Pasteur (CLP) à Porto-Novo, qui est maintenant un centre de référence dans la prise en charge des patients atteints par le VIH.

Aujourd’hui, c’est le gouvernement béninois, qui dans le cadre d’un programme de l’OMS, prend en charge le financement des ARV. L’action d’APTAA s’est donc déplacée vers la prise en charge financière des soins et des examens biologiques connexes au traitement des patients touchés par le VIH.

L’objectif d’APTAA, est maintenant d’élargir son champ d’action en aidant au développant autour de la CLP, d’un réseau de centres de prise en charge de patients touchés par le VIH. Le premier centre identifié, pour la constitution de ce réseau est l’hôpital de zone de Pobé, à une cinquantaine de kilomètre au nord-est de Porto-Novo. Notre mission, de cinq jours, était d’évaluer la situation de cet établissements afin d’en définir les besoins en termes financier, en termes de procédures de soins et en termes de formations à mettre en œuvre dans le cadre de futures missions sur place ou en faisant venir en France certains personnels.

Mais avant cela, j’ai pris deux jours pour faire un peu de tourisme, pour voir les environs de Porto-Novo et apprendre à connaître un tout petit peu ce pays.

Porto-Novo a été construite par les portugais sur les bords d’une lagune, un endroit où terre, mer et fleuve se mêlent de façon un peu inextricable. Le niveau de l’eau y varie selon les saisons, haut en période pluvieuse et bas en saison sèche. medium_DSC00271.JPG

Dans cette lagune existe un village tantôt au sec, tantôt les pieds dans l’eau. C’est une des curiosités de cette région du bénin. Je n’ose pas parler de lieu touristique. La première photo de ce billet montre des gens, croisés en bateau, se rendant de leur village lacustre vers la ville. Leur regard sombre suffit pour comprendre les conditions de vie de ces personnes. medium_DSC00285.JPG

Ces deux premiers jours au Bénin, j’ai fait beaucoup de photo. Des paysages, des lieux, et un peu des gens. Mais plus les heures ont passé, et plus je me suis sentit mal à l’aise en photographiant ces gens. J’avais un sentiment d’indécence, l’impression de voler l’image de leur misère. Photographier le bonheur est plaisant. Capter le malheur interpelle. medium_DSC00289.JPG

Le deuxième jour, nous sommes allés à Abomey, visiter les palais des anciens rois du Dahomey. J’ai été frappé par la densité de la circulation, que ce soit à pied, en moto ou en voiture. J’ai été aussi frappé par le dénuement des gens sur le bord des routes et des pistes, par la vétusté et le délabrement de nombre de constructions bordant ces mêmes routes. Egalement remarquable, la quasi absence d’immeuble moderne, y compris dans des villes comme la capitale Porto-Novo. medium_DSC00296.JPG

Le Bénin est un des pays les plus pauvres de la Terre. Savoir la misère est une chose, la voir de ses yeux, la côtoyer en est une autre. medium_DSC00305.JPG

Nous avons acheté cinq kilos d’oranges pour 0,50 € environ.

J’aborderai le déroulement de notre travail là-bas dans un prochain billet.