medium_DSC00267.JPG C'est mon premier voyage au Bénin, et même, mon premier voyage en Afrique subsaharienne.

J’y suis allé pour une mission de travail dans le cadre d’une petite association, dans les milieux concernés on parle de petite ONG. J’ai rejoint cette association, APTAA, à la fin du printemps dernier. Elle a pour but d’aider les pays africains dans les soins prodigués aux patients touchés par le VIH (le virus du SIDA). En fait, l’action de cette association est limité au Bénin, au sud du bénin, sur la capitale Porto-Novo et ses environs.

Cette association qui existe depuis bientôt cinq ans a dans un premier temps financé des traitements par ARV (Anti Rétro Viraux, les médicaments qui inhibent la prolifération du VIH dans l’organisme humain, mais sans guérir la maladie, elle est seulement stoppée) pour quelques dizaines de patients. Ce financement s’est fait grâce aux cotisations des membres de l’association et par des dons de particuliers.

Cette action a été une réussite, car elle s’appuie sur le travail sur place d’un couple de médecins entièrement dévoués à leurs patients. Lui, est béninois, Elle, est française. Ils ont développé, avec l’aide d’APTAA, une clinique, la Clinique Louis Pasteur (CLP) à Porto-Novo, qui est maintenant un centre de référence dans la prise en charge des patients atteints par le VIH.

Aujourd’hui, c’est le gouvernement béninois, qui dans le cadre d’un programme de l’OMS, prend en charge le financement des ARV. L’action d’APTAA s’est donc déplacée vers la prise en charge financière des soins et des examens biologiques connexes au traitement des patients touchés par le VIH.

L’objectif d’APTAA, est maintenant d’élargir son champ d’action en aidant au développant autour de la CLP, d’un réseau de centres de prise en charge de patients touchés par le VIH. Le premier centre identifié, pour la constitution de ce réseau est l’hôpital de zone de Pobé, à une cinquantaine de kilomètre au nord-est de Porto-Novo. Notre mission, de cinq jours, était d’évaluer la situation de cet établissements afin d’en définir les besoins en termes financier, en termes de procédures de soins et en termes de formations à mettre en œuvre dans le cadre de futures missions sur place ou en faisant venir en France certains personnels.

Mais avant cela, j’ai pris deux jours pour faire un peu de tourisme, pour voir les environs de Porto-Novo et apprendre à connaître un tout petit peu ce pays.

Porto-Novo a été construite par les portugais sur les bords d’une lagune, un endroit où terre, mer et fleuve se mêlent de façon un peu inextricable. Le niveau de l’eau y varie selon les saisons, haut en période pluvieuse et bas en saison sèche. medium_DSC00271.JPG

Dans cette lagune existe un village tantôt au sec, tantôt les pieds dans l’eau. C’est une des curiosités de cette région du bénin. Je n’ose pas parler de lieu touristique. La première photo de ce billet montre des gens, croisés en bateau, se rendant de leur village lacustre vers la ville. Leur regard sombre suffit pour comprendre les conditions de vie de ces personnes. medium_DSC00285.JPG

Ces deux premiers jours au Bénin, j’ai fait beaucoup de photo. Des paysages, des lieux, et un peu des gens. Mais plus les heures ont passé, et plus je me suis sentit mal à l’aise en photographiant ces gens. J’avais un sentiment d’indécence, l’impression de voler l’image de leur misère. Photographier le bonheur est plaisant. Capter le malheur interpelle. medium_DSC00289.JPG

Le deuxième jour, nous sommes allés à Abomey, visiter les palais des anciens rois du Dahomey. J’ai été frappé par la densité de la circulation, que ce soit à pied, en moto ou en voiture. J’ai été aussi frappé par le dénuement des gens sur le bord des routes et des pistes, par la vétusté et le délabrement de nombre de constructions bordant ces mêmes routes. Egalement remarquable, la quasi absence d’immeuble moderne, y compris dans des villes comme la capitale Porto-Novo. medium_DSC00296.JPG

Le Bénin est un des pays les plus pauvres de la Terre. Savoir la misère est une chose, la voir de ses yeux, la côtoyer en est une autre. medium_DSC00305.JPG

Nous avons acheté cinq kilos d’oranges pour 0,50 € environ.

J’aborderai le déroulement de notre travail là-bas dans un prochain billet.